Il faut activer le téléchargement des images dans votre navigateur

|Accueil|

|Parutions antérieures|

Vendredi 16 mars 2012

Notre profession nous offre un privilège inestimable : celui de la liberté intellectuelle. Elle suppose aussi une éthique professionnelle d'ouverture à la diversité des points de vue. L'enseignement implique finalement, par son essence même, une culture de la discussion publique.

Des enseignantes et des enseignants du Cégep ont eu le courage de s'impliquer, de diverses manières, dans la discussion sur les droits de scolarité. Nous reproduisons ici les textes de trois d'entre eux (tous des hommes, à notre regret !). Nous espérons ainsi leur permettre d'abord d'exprimer leurs arguments ; ensuite donner la chance aux membres d'y réfléchir, voire d'y réagir ; enfin, plus généralement, dynamiser les échanges d'idées entre nous. Bonne lecture !

Philippe Langlois, secrétaire

Sommaire

*****

Je suis pour une hausse des frais de scolarité
(et non, je ne suis pas de droite pour autant)

Chèr-e-s collègues enseignant-e-s,

Le SPECS-CSN a appuyé à l’automne par une motion unanime les objectifs de la lutte contre la hausse des droits de scolarité. Comme j’étais absent cet automne et comme j’ai pris position en privé jusqu’à maintenant et auprès de certains collègues sur cette hausse et inévitablement sur la grève des étudiants-es, je veux contribuer à la réflexion actuelle en exposant le plus clairement possible ma position sur ces enjeux. Il ne faut toutefois prendre aucunement cette position comme une remise en question de la décision votée en Assemblée générale.

D’abord, j’aimerais situer ma position politique, syndicale et plus globalement ma position actuelle sur certains enjeux cruciaux pour le Québec.

J’ai fait partie de plusieurs coalitions et regroupements de gauche ayant mené à la fondation de Québec solidaire. Au fédéral, à mon souvenir, j’ai toujours voté pour le NPD ou pour les Verts. J’ai participé assez activement il y a quelques années, beaucoup moins maintenant je l’avoue, aux syndicats des milieux de travail où j’étais employé. Je me suis longtemps considéré comme de gauche modérée. En fait, je suis quelqu’un qui est d’abord pragmatique. J’ai appris à me distancer de toutes formes de discours idéologiques rigides, aveugles et sans ouverture. L’idéologie est sans aucun doute importante pour orienter et appuyer les actions mais des positions idéologiques mal jugulées, de droite comme de gauche, sont susceptibles d’entraîner des discours à forme religieuse (de type « Crois ou meurs »), peuvent susciter de dangereuses myopies de groupe et surtout des actions dangereuses pour les causes qu’elle prétend défendre. De mon côté, provenant du monde de la psychologie dite communautaire, j’ai pu en observer assez souvent les effets négatifs et démobilisateurs sur des actions, des motivations et des modes de résolution de problématiques qui ont littéralement avorté à cause de l’extrémisme de discours d’idées pour les idées. Je dis souvent à la blague mais avec un fond de tristesse que la gauche au Québec n’a pas eu besoin d’ennemis de droite, elle a toujours été son propre ennemi. Cette allergie à l’idéologie extrême peut paraître excessive mais dans le contexte politique actuel au Québec, pour les débats actuel et à venir, je trouvais nécessaire de dresser ce long préambule qui établit, je l’espère, le cadre de la position personnelle que je prends sur les enjeux de la lutte étudiante. Les valeurs sociales supérieures que je défends sont la liberté intellectuelle et le service à communauté. Ce texte se veut un geste concret dans le sens de ces valeurs.

Depuis un certain temps, j’ai pris connaissance assez attentivement des argumentaires et analyses (dont la fameuse étude de l’Institut IRIS) qui circulent actuellement, j’écoute activement les nouvelles, j’assiste quand je le peux à des présentations sur cette question. Je confronte les arguments pour et contre la hausse des frais de scolarité. Malgré la force évidente des arguments contre la hausse et le peu d’arguments disponibles (à part, le discours gouvernemental) pour, j’ai décidé d’appuyer quant même une hausse des frais de scolarité à l’université. Je dis bien UNE hausse. Voici pourquoi.

J’adhère à l’analyse voulant que le Québec soit actuellement (dangereusement) dans un cul-de-sac à la fois économiquement et politiquement. La dette publique qu’on est en train de léguer à nos enfants est un fruit empoisonné. La situation des services publics en santé, dans les soins aux ainé-e-s, dans les fonds de pension collectifs, dans les conditions de pauvreté de certaines couches de notre société, dans certains secteurs du système d’éducation m’apparaît à ce point critique qu’elle met en question les acquis et les qualités même qui ont fait du Québec, depuis 40 ans, un lieu privilégié et unique au monde pour y vivre et s’y développer. J’étais en Asie du Sud Est à l’automne. Quand on parle du Canada (pour plusieurs, le Québec n’a pas en soi de signification particulière), les yeux brillent, deviennent rêveurs : Ah! Canada... Je vous avoue que je me sentais fréquemment assez mal à l’aise d’aller dire à ces gens (qui ont tant souffert), pour qui notre pays est une sorte d’Eldorado, que nous avons ici de très graves problèmes de pauvreté, de santé et en éducation. Loin de moi l’idée de minimiser l’état de nos problèmes. Loin de moi l’idée de vanter aveuglément le plusse beau pays de monde (pas mal moins beau, hein, depuis Harper ?). Je veux surtout montrer l’urgence de préserver les conditions que nous nous sommes données au Québec depuis une quarantaine d’années. Celles-ci me semblent minées par des décisions sans doute très questionnables de nos gouvernements (tous partis confondus, je précise) mais aussi par nos comportements citoyens souvent teintés par le confort et l’indifférence. Par une déresponsabilisation et une démission qui s’estompent l’espace d’une lutte, syndicale, étudiante, environnementale mais qui reviennent vite nous immobiliser, consommation et carte de crédit exigent.

Je rejoins entièrement les positions qui affirment que, pour préserver nos acquis et lutter contre les attaques qu’ils subissent, les solutions doivent passer par la responsabilisation collective. Mais qu’est-ce que ça signifie : collectif ? Collectif, pour moi, ça ne veut pas dire « les autres, pas moi, pas dans ma cour ». À chaque niveau de notre société, nous devons nous demander ce que nous pouvons faire pour sauver nos acquis. De Charest en passant par le gros Barrette, de Marie-France Bélanger au gros Morissette (j’aime bien ce parallèle), chez les assistés sociaux (eh oui, eux aussi), chez les ouvriers de la construction, chez les artistes, les petits travailleurs qui paient de l’impôt, les entrepreneurs qui n’en paient pas du tout ou pas assez et oui, les futurs diplômés de nos universités, on doit tous se réveiller et décider de mettre l’épaule à la roue. Et mettre l’épaule à la roue ne signifie pas demander plus et plus encore au « gouvarnement ». Mettre l’épaule à la roue, c’est réalistement, selon nos talents et conditions, selon nos capacités, décider de manière responsable de faire sa part. Vous me voyez venir, j’imagine.

La solidarité pour moi ne passe pas par : Je veux, je veux, je veux. Tels des oisillons affolés, nous sommes tous, TOUS (!) collectivement en demande constante face à un État qui n’a plus de providence que la façade. Je sais que nous pourrions discuter (pas longtemps en ce qui me concerne pour tomber d’accord) sur les conditions objectives qui pourraient résoudre certains de nos problèmes : faire payer davantage certains groupes mieux nantis de notre société. Je suis d’accord sur plusieurs des analyses en ce sens mais je ne crois pas que cela soit l’unique solution. Je crois même que ces solutions sont secondaires. La solidarité passe maintenant par une réflexion (et une action) sur ce que chacun de nous peut faire pour assurer (si c’est encore possible) la justice sociale, la qualité de vie et le bien commun de notre société. Autrement dit collectivement implique aussi individuellement.

Il m’apparaît donc logique que les étudiants, comme tous les autres secteurs de notre société, fassent davantage leur part dans la situation financière actuelle de leurs universités et dans la qualité (à maintenir ou à améliorer) de leurs diplômes. Et je ne parle pas de la « juste part » énoncée par Ministre Bachand. Soyez certains que je n’endosse aucunement certains modes de gestion de nos universités, qu’ils soient financiers ou pédagogiques mais je n’endosse pas non plus le discours d’une certaine gauche sur la fameuse marchandisation des savoirs et sur la gratuité scolaire. On pourra en jaser autour d’une bonne bière. Sérieusement, je suis pour que les étudiants-es montrent une maturité (plus que celle de certains de leurs aînés) et qu’ils utilisent leur lutte actuelle pour donner un exemple de solidarité sociale. Pour qu’ils SE donnent un exemple de solidarité sociale. Et pour moi, cela passe par l’acceptation d’une nouvelle hausse de leurs frais de scolarité. Cette position peut sembler bizarre alors qu’on mentionne souvent que les étudiants se battent justement par solidarité sociale. Ma position est ouverte et stratégique. Elle offre une porte de sortie honorable, je crois. On pourra négocier une hausse plus raisonnable selon les deux camps, on pourra négocier l’utilisation de la dite hausse (dans l’aide aux étudiants-es, pour favoriser l’accessibilité, dans l’amélioration des conditions pédagogiques, dans l’aménagement de l’endettement des étudiants-es). Mais, je le répète, selon moi, les étudiants-es doivent indiquer qu’ils sont prêts à faire encore leur part dans cette situation. Il est aussi très clair pour moi que d’autres acteurs devront aussi faire leur part : le monde financier, les cadres gestionnaires, les entreprises (petites ou grandes) les professeurs et encore une fois, la classe moyenne (qui commence toutefois vraiment à en avoir pas mal marre et pourrait jusqu’à un certain point hériter de ces hausses). En ce sens et bien humblement, je crois que la cause étudiante serait vraiment mieux servie par la position que je soutiens ici. D’autant plus qu’elle serait médiatisée. Je conviens qu’elle repose sur une ouverture des parties à négocier et sur une bonne dose de maturité collective. Ma position se situe dans un contexte où les étudiant-e-s doivent vivre une victoire. Dans le contexte actuel, il est crucial que les associations déterminent bien le moment où ils seront prêts à négocier même si les parties disent ne pas vouloir bouger. Celui qui montrera le premier une ouverture sera le gagnant dans cette joute importante.

En terminant un texte trop long, je veux aussi affirmer que je respecte profondément la lutte étudiante actuelle. J’ai été de toutes les luttes étudiantes de mon époque et je comprends l’excitation et la frénésie de participer à une marche collective. Malgré les critiques sévères et injustes qu’ils reçoivent de leurs pairs, malgré la démobilisation qui les guette et surtout malgré l’indifférence crasse d’un Premier Ministre qui laisse aller dédaigneusement tout ce qui se situe au Sud, nos jeunes amis se battent noblement pour ce qu’ils croient juste. Ils ont le droit et le devoir de le faire. À date, ils le font efficacement et de façon civilisée et même si je n’appuie pas entièrement leur cause, je peux apprécier leur courage.

Cette fois-ci, nos voies (et nos voix) divergent. Nous nous retrouverons sans aucun doute en chemin.

Pierre Morissette
Département de psychologie

15 mars 2012

Nous appelons l’Estrie à manifester
contre la hausse !

Estrie contre la hausse

Une coalition estrienne de citoyennes et de citoyens contre la hausse des frais de scolarité a été inaugurée ce jeudi 15 mars. Estrie contre la hausse ! est également appuyée par des dizaines d’acteurs de premier plan dans le monde estrien de l’éducation, de la culture, des art, ainsi que dans les milieux communautaire, syndical et politique. Elle prévoit engager la discussion sur les médias sociaux, participer à des manifestations et organiser des activités de réflexion sur l’éducation et la justice sociale.

L’argument principal du gouvernement sur les droits de scolarité est que les étudiants doivent payer leur « juste part ». J’aimerais, pour montrer le caractère fallacieux de cet argument, parler ici de trois choses : de justice, de solidarité et de démocratie.

« Les étudiants doivent payer leur juste part. » Cela apparaît en effet sensé et raisonnable. Ceux qui étudient à l’université font un investissement. Ils décrocheront en retour des empois payants. Mais les étudiants ne sont pas fous. Ils savent bien qu’il y a quelque chose qui cloche dans cet argument. D’abord, pour investir, il faut un capital de départ. Or, tous les individus ne sont pas égaux à cet égard. Les étudiants le savent. Autre chose qui cloche : au train où vont les choses, les étudiants risquent de se retrouver avec une dette d’étude importante. Leur avenir sera, c’est le moins qu’on puisse dire, hypothéqué. Et ça aussi, ils le savent.

Alors, les étudiants proposent une alternative. Une alternative qui dérange beaucoup. Ils ramènent sur la scène publique des mots qu’on préfèrerait taire, qu’on préfèrerait absents : des mots comme justice sociale, comme responsabilité collective, et non individuelle. Les étudiants en appellent à notre responsabilité. Et ils ont raison. Pourquoi, au fond, le reste de la société ne prendrait-elle pas en charge, pendant le temps qu’ils étudient, le financement de leur éducation ? Comme travailleur, je fais ma juste part : je paie mes impôts en fonction de mes revenus. Les étudiants aussi font leur juste part : ils étudient. En le faisant, ils ne font pas que s’enrichir, ils nous enrichissent tous et toutes, collectivement.

Ceci m’amène à l’idée de solidarité. Lorsque le gouvernement demande aux étudiants de faire leur juste part, cette demande s’accompagne d’une autre idée, implicite, qui dit à peu près la chose suivante : les contribuables en ont assez qu’on vienne « piger dans leurs poches ». Or, cette phrase est intéressante parce qu’en fait, elle révèle peut-être plus de la personne qui l’énonce que de la personne sur qui elle porte. C’est « celui qui le dit celui qui l’est », comme le disent nos (plus jeunes) étudiants. Celui qui dit cela projette en effet chez l’autre le même égoïsme moral qu’il trouve chez lui-même. Le discours étudiant, encore une fois, est sur cela dérangeant. On voudrait croire, ou nous faire croire, qu’on n’est motivé que par des motifs égoïstes. Les étudiants au contraire s’entêtent à nous montrer qu’on peut agir en solidarité. En décidant d’entrer en grève, ils découvrent ou nous font redécouvrir la solidarité, le pouvoir que nous possédons lorsque nous agissons en commun. D’ailleurs, c’est l’origine même des mots « société » et « communauté ». Faire société, c’est mettre quelque chose en commun, c’est partager quelque chose. Une société, ce n’est pas simplement un regroupement d’individus « dissociés », ou qui se retrouvent par hasard sur un même territoire, qui vivent repliés sur eux-mêmes, méfiants des autres et jaloux de leurs possessions. Non. Une société, c’est un ensemble de pratiques et d’institutions léguées dans le temps, un ensemble de liens de solidarité entre les membres qui la composent.

Les étudiants en grève redécouvrent aussi, ou nous font redécouvrir, le sens de la démocratie. La démocratie suppose que n’importe qui peut participer au débat concernant les affaires publiques. C’est aussi ça la politique : le pouvoir de décider en commun de notre avenir. Cela suppose un esprit d’invention et de liberté. En ce sens, la démocratie constituera toujours une menace pour les puissants, les oligarques, les peu nombreux qui voudraient bien, à eux seuls, décider des affaires publiques. Pour ces puissants, la démocratie, au fond c’est inacceptable : chacun doit « rester à sa place ».

Le discours gouvernemental qui dit qu’il n’y a pas d’alternative, qu’il faut être réaliste, qu’il faut faire preuve de lucidité – ce discours est un discours anti-démocratique. Que dit le discours de la lucidité ? Il nous dit que le monde tel qu’il existe est le seul monde possible. C’est une autre raison pour laquelle le mouvement étudiant actuel dérange : les étudiants prétendent qu’il y a des alternatives. Que hausser les frais de scolarité n’est pas une fatalité. Et ils ont raison.

Estrie contre la hausse ! s’adresse finalement à vous, M. le Premier ministre Jean Charest, qui êtes aussi notre député de Sherbrooke. Écoutez-nous ! Écoutez les étudiants et les citoyens qui clament dans les rues et qui appellent à plus de justice, à plus de solidarité, à plus de démocratie.

Estrie contre la hausse ! s’adresse également à toutes les citoyens estriens. On annonce un printemps au Québec. Agissons pour faire que ce printemps arrive. Rien n’est impossible à ceux qui s’unissent ! Renouons avec un sain esprit d’indignation, une indignation qui dit non, qui pose une limite et qui en même temps affirme et dit oui à ce qui se trouve en deçà de cette limite : la dignité humaine et la beauté du monde. Une indignation qui sait rétablir la mesure, car, comme dit le poète, « là où est le péril, croît aussi ce qui sauve ».

Nicolas Beaudoin
Professeur au Cégep de Sherbrooke
et porte-parole pour Estrie contre la hausse !

_______________________________
Une liste complète des appuis à Estrie contre la hausse ! et des prochaines actions du groupe est disponible sur :
http://www.facebook.com/EstrieContreLaHausse

Le faux dilemme d’Alain Dubuc

Dans sa chronique ( « Où est la véritable solidarité ? », Alain Dubuc nous place devant un faux dilemme. Soit, on accepte la hausse des frais de scolarité afin que tous payent leur « juste part »; soit, on défend le gel, ou pire même la gratuité, et on appuie une politique « régressive, foncièrement injuste » qui avantage les mieux nantis de notre société au détriment de ceux qui le sont moins. Les bas frais de scolarité constituent une forme de subvention dont les riches bénéficient injustement.

Il y a pourtant une troisième voie que Rima Elkouri a le mérite de présenter dans votre quotidien. On peut maintenir les frais de scolarité à leur niveau actuel, et même opter pour la gratuité, tout en s’assurant que chacun contribue équitablement au financement du système universitaire : il s’agit d’avoir recours à l’impôt sur le revenu. La contribution au financement est déterminée en fonction du revenu réel des individus plutôt qu’en fonction de « la valeur de l’investissement en soi » qu’est l’éducation ou du revenu hypothétique que procurera la formation à long terme.

Certains affirmeront que cette solution consiste, encore une fois, à « taxer la classe moyenne ». Remarquons d’abord que la suggestion de Dubuc consiste également à faire payer la « classe moyenne » par l’imposition de frais supplémentaires. Ce n’est pas une majorité d’étudiants, et surtout pas ceux de la classe moyenne, qui pourront bénéficier de l’aide financière afin d’amortir les effets de la hausse. L’avantage de l’approche fiscale est qu’elle est véritablement non-régressive contrairement à l’approche utilisateur-payeur défendue par Dubuc. Ensuite, il est tout à fait possible de maintenir le gel des frais, et même d’opter pour la gratuité, sans pour autant augmenter le fardeau fiscal de la classe moyenne si on met en place une fiscalité plus agressive pour les très bien nantis et les entreprises tout en mettant fin au mal-financement des universités (Lire Faut-il vraiment augmenter les frais de scolarité ? Huit arguments trompeurs sur la hausse, IRIS.)

Dubuc répète que la hausse des frais de scolarité ne constitute pas une entrave à l’accessibilité. Nombreux sont ceux qui, preuves à l’appui, démontrent le contraire. On admettra toutefois que des frais de scolarité plus bas, ou la gratuité, n’ont pas d’incidence négative sur l’accessibilité, bien au contraire. Étant donné qu’il existe une façon de financer le système universitaire sans hausser les frais et d’éviter par le fait même les risques d’impact négatif sur l’accessibilité, le principe de prudence milite en faveur du gel ou de la gratuité.

Si l’éducation est un droit individuel et un bien collectif, nous avons le devoir de maximiser son accessibilité. Une hausse des frais de scolarité ne contribue pas à accroître l’accessibilité. Contrairement à ce que Dubuc affirme, des raisons morales nous incitent donc à refuser la hausse que le gouvernement Charest cherche à imposer.

Steve Mc Kay, président

Dossier de presse

Poste téléphonique 5330 - specsCSN@CegepSherbrooke.qc.ca

Rédaction: Philippe Langlois et Steve Mc Kay
Secrétariat: Luc Loignon