En cette fin d’année 2025, l’équipe du SPECS souhaite vous offrir ses meilleurs vœux et vous remercier pour le travail que vous accomplissez chaque jour au bénéfice des personnes étudiantes. Nous savons que la dernière année n’a pas été facile. En effet, le gouvernement de la CAQ a effectué des coupes importantes dans le réseau de l’éducation dont les impacts se font déjà sentir. Dans ce contexte, votre implication et votre professionnalisme s’avèrent plus essentiels que jamais et la solidarité manifestée envers nos collègues du personnel de soutien et du personnel professionnel devient d’autant plus importante. Nous savons que la charge de travail est lourde et nous vous invitons à profiter de la période des fêtes pour refaire le plein d’énergie. Cette énergie, nous en aurons bien besoin cet hiver pour poursuivre notre lutte contre ce gouvernement qui nous prive de moyens nécessaires au bon accomplissement de notre travail en plus d’attaquer de toutes parts nos droits.
En effet, au cours des derniers mois, le gouvernement de François Legault a multiplié les projets de loi s’attaquant aux syndicats. Le projet de loi 14, anciennement connu sous le nom de projet loi 89, et le projet de loi 3 visent directement la capacité des syndicats à pouvoir exercer efficacement leurs rôles essentiels, soit défendre les travailleuses et travailleurs et promouvoir la justice sociale. De nombreuses voix s’élèvent, et pas uniquement du milieu syndical, pour dénoncer une atteinte à des droits fondamentaux comme la liberté d’expression et la liberté d’association de la part du gouvernement. Nous avons entre autres mentionné dans les derniers QLP la sortie médiatique du Barreau du Québec qui s’inquiète de l’effritement de l’État de droit.
Le gouvernement de la CAQ ne s’en prend pas uniquement aux syndicats. Lorsqu’on examine l’ensemble des projets de loi déposés, notamment le projet de loi 1, le projet de loi 2, le projet de loi 7 et le projet de loi 9, on constate que la CAQ a des visées beaucoup plus larges. Si le projet de constitution caquiste est adopté, ce sont tous les organismes qui reçoivent des fonds de l’État québécois qui se verront interdire la contestation de lois devant les tribunaux. Malgré les objections répétées de plusieurs groupes de défense des femmes, le ministre Simon Jolin-Barrette s’entête à vouloir introduire un article portant sur l’avortement, ouvrant la porte à des contestations judiciaires. Une constitution doit faire l’objet d’une consultation et d’un consensus large. De l’avis de plusieurs experts dans le domaine, la CAQ choisit de présenter un projet bâclé en fin de mandat dont l’objectif réel est électoraliste.
Le projet de loi 9 déposé par le ministre Jean-François Roberge peut également être interprété comme une stratégie électoraliste. La laïcité est une question sensible qui doit être discutée sereinement pour éviter la polarisation et les dérapages dangereux. La CAQ choisit plutôt de donner «un nouveau tour de vis» en réaction à des situations anecdotiques. Contrairement à ce que certaines personnes laissent croire, notamment François Legault, il n’y a pas une multiplication des prières de rue au Québec. L’existence de lieux de prière dans les institutions scolaires ne cause pas de problème actuellement. Le triste cas de l’école Bedford n’exige pas un resserrement législatif; tous les outils existent déjà pour empêcher ce type de dérapage si les autorités compétentes décident d’intervenir. Alors que le Québec est confronté à la crise du logement, à l’augmentation fulgurante de l’itinérance, à la déroute des systèmes de santé et d’éducation, la CAQ ne devrait-elle pas se concentrer à régler ces problèmes?
Le constat fait par plusieurs acteurs de la société civile — syndicats, groupes communautaires, ordres professionnels, intellectuels, citoyens engagés— est que nous assistons à une dérive autoritaire du gouvernement caquiste. Alors qu’une défaite électorale cinglante s’annonce, la CAQ adopte une attitude rigide et revancharde. Le dialogue constructif est impossible, car le gouvernement craint que toute concession soit interprétée comme un signe de faiblesse.
Dans un tel contexte, celles et ceux qui désirent freiner la dérive autoritaire se retrouvent avec peu d’options. L’une d’elles est le recours à la grève sociale. Les appels à une mobilisation massive de tous les acteurs sociaux se multiplient depuis quelques semaines. À la CSN et à la FNEEQ, des résolutions appelant à explorer la pertinence de faire une grève sociale le 1er mai 2026 ont été adoptées. Il en est de même dans d’autres organisations syndicales et groupes communautaires. Au retour de la pause du temps des fêtes, le SPECS-CSN s’engagera également dans cette réflexion. Des rencontres avec les départements seront proposées afin de discuter de ces enjeux. En outre, un 5 à 7 pour le lancement de notre nouveau site Internet sera également une occasion de discuter. Puis, d’autres rassemblements (CIDS, AG) seront organisés afin de mieux vous informer et de réfléchir à cette situation qu’il faut dénoncer vivement.
En attendant, prenez le temps de vous reposer, de fêter avec vos proches, de lire, de jouer dehors et de boire du chocolat chaud, vous l’avez bien mérité!
Au plaisir de vous retrouver en janvier,
L’équipe du SPECS