Comme à chaque année, le département de Littérature et communication s’est mis à l’œuvre pour nous inspirer en prévision de nos lectures de vacances.
La rose la plus rouge s’épanouit / Liv Strömquist
Véronique Taschereau a lu cette bande-dessinée tout à fait éclatée de Liv Strömquist qui s’interroge sur l’amour, et les relations amoureuses, en revisitant les philosophes du passé qui l’ont étudié, dont Kierkegaard et Socrate, pour en faire une lecture féministe. En fait, ce sont les échecs amoureux répétés de Leonardo Di Caprio qui lui servent de point de départ pour tenter de définir l’amour au sein de la société de surconsommation du XXIe siècle. Véronique a beaucoup ri en lisant cette bd, c’est vraiment très passionnant !
Au Centre des médias : classé sous Strömquist, Liv.
Kairos / Jenny Erpenbeck
Catherine Ladouceur a lu ce magnifique roman – écriture captivante, histoire (la grande comme l’intime) torturée : Kairos, de Jenny Erpenbeck. Un soir d’été 1986 à Berlin Est, Katharina, étudiante, et Hans, écrivain beaucoup plus âgé et marié, vivent une passion fulgurante. Leur relation, marquée par le contrôle, l’obsession et la souffrance, se délite tandis que la RDA s’effondre et que le mur de Berlin vacille. Kairos mêle drame amoureux et fin d’un régime pour interroger le pouvoir, les aveuglements intimes et l’histoire. Couronné par le prestigieux International Booker Prize en 2024.
Tropismes / Nathalie Sarraute
Marie-Josée Loiselle a lu Tropismes (1939) de Nathalie Sarraute, un bijou. Les tropismes, explique l’auteure, “ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience; ils sont à l’origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu’il est possible de définir. […] Leur déploiement constitue de véritables drames qui se dissimulent derrière les conversations les plus banales, les gestes du quotidien. Ils débouchent à tout moment sur ces apparences qui à la fois les masquent et les révèlent”. Vingt-quatre chapitres de moins de trois pages où coule une écriture d’une beauté et d’une signifiance étonnantes.
Au Centre des médias : PQ 2637 A783T7
Les éléments / John Boyne
Brigitte Langlois vous suggère la lecture du dernier roman remarquable de John Boyne, Les éléments. Gagnant du prix Fémina du roman étranger en 2025, on raconte l’histoire d’une femme qui quitte sa famille pour se retrouver sur une île, d’un jeune homme qui fuit cette même île, d’une médecin qui rafistole les grands brûlés, d’un homme qui refait sa vie en Australie. Le lien qui unit ces quatre personnages-éléments semble ténu, mais la toile que tisse l’écrivain est solide. Traversé par une violence implacable mais aussi une beauté brute, l’œuvre de Boyne entre en nous et cible l’essentiel, comme ces composantes qui façonnent l’existence. Il est impensable de ne pas être bouleversé par ces êtres qui sont confrontés aux limites d’eux-mêmes.
Mes yeux vus / Kiev Renaud
Marie-Claude Lapalme recommande Mes yeux vus, quatrième roman de l’autrice sherbrookoise Kiev Renaud. Ce court récit, habilement construit, suit une jeune narratrice à la fois attachante et inquiétante qui, à la suite d’une mésaventure nocturne où elle reçoit un coup à la tête et où l’on brise ses lunettes, perd la trace de sa meilleure amie. Depuis ce moment, ou peut-être même depuis plus longtemps, Sara-Lou s’interroge sur le réel, sur les apparences, et nous entraîne à sa suite dans une narration à la langue ingénieuse.
Au Centre des médias : PS 8635 E528M47 2026
Le maître des illusions/ Donna Tartt
Le meilleur livre qu’Antonin Marquis a lu cette année est probablement Le maître des illusions, de Donna Tartt. Une histoire un peu weird qui se passe sur un campus privé du Vermont, entre des partys d’étudiant.es, des cours de grec et des non-dits spectraux. Le style de Tartt est limpide, contrairement à ce qui se trame entre les lignes, et ça se lit comme un charme. Un genre de suspense dionysiaque vu par plusieurs comme l’acte de naissance de l‘esthétique ”dark academia”.
Au Centre des médias : PS 3570 A77S4214 1993
La maison du rang Lynch / Alexie Morin
Caroline Fontaine recommande La maison du rang Lynch d’Alexie Morin. Vincent et David McCabe ont grandi ensemble au milieu de nulle part, hors de la vue de leurs parents démissionnaires, entre une forêt aux replis innombrables et les recoins obscurs et encombrés de la maison de leur jeune tante Marylou. La famille McCabe, après d’éphémères années de prospérité, menace ruine, rongée par les disparitions, le silence et la folie. Ils ont seize et dix-sept ans. Chacun à sa façon cherche une issue. L’un veut partir, l’autre veut disparaître. Au solstice d’hiver, ils essaient sans le savoir de se dire adieu. La maison du rang Lynch raconte neuf jours et neuf nuits, présents et passés, qui s’engendrent et s’éclairent mutuellement.
Une famille dysfonctionnelle, une forêt qui avale les enfants, une tragédie qui brouille les frontières du temps : Alexie Morin signe ici un roman magistral, alliant drame psychologique, saga générationnelle, suspense et réalisme magique dont elle maîtrise tous les codes.
Au Centre des médias : PS 8626 O7462C92 2025
La mère des larves / Maude Jarry
Jeanne Lessard recommande fortement la lecture du roman La mère des larves de Maude Jarry. Lauréate du Prix littéraire des collégiens et du Prix des libraires, cette œuvre nous plonge dans une réflexion sur la maternité. Sarah, jeune trentenaire, ne veut absolument pas d’enfant et doit composer avec la vision de sa mère, de son ex, de sa sœur et de la société en général. Entre réalisme et horreur, ce roman questionne le rapport à la maternité et à la violence gynécologique tout en critiquant la pression de performer la féminité.
Au Centre des médias : PS 8669 A779M38 2025
Le visage de Pavil / Jérémy Perrodeau
Etienne Blard recommande la bande dessinée Le visage de Pavil de Jérémy Perrodeau qui est également son coup de cœur BD de l’année. Cette BD de science-fiction représente un coup de maître dans le nouveau paysage de la bande dessinée francophone ; Perrodeau montre une pleine maitrise de son art et affiche un style arrivé à maturité. L’œuvre raconte l’arrivée fortuite d’un scribe de l’Empire dans le village de l’Apyoza, un endroit isolé, bien loin de l’influence de l’Empire. Si certains citoyens accepte sans sourciller sa présence, d’autre se méfie de cet étranger à l’œil fureteur. Le bédéiste nantais aborde des sujets d’une vive actualité comme la confrontation entre les traditions et la modernité, la survie des peuples autochtones et le rôle éthique de l’anthropologue.
Mon vrai nom est Elisabeth / Adèle Yon
Michèle Le Risbé propose ce récit essentiel. L’auteure questionne les membres de sa famille et fouille dans les archives médicales dans le but d’en savoir plus sur l’histoire de la psychiatrie dans la France et les États-Unis de la deuxième moitié du XXe siècle. Surtout, elle se penche sur la place de ces femmes qui ne correspondaient pas aux attentes d’une société patriarcale, véritables victimes du monde médical très soucieux de casser ces femmes considérées folles afin qu’elles correspondent aux normes dictées par la société de l’époque. C’est à travers l’histoire de son arrière-grand-mère, Betsy, que Yon met en lumière la réalité de milliers de femmes auxquelles, à travers elle, elle redonne une dignité.
Michèle peut vous prêter sa copie.